La contrefaçon et les médicaments de fraude sont les trafics les plus actifs

Pietro Grasso

Pietro Grasso

INTERVIEW – Affaiblies par les assauts de la justice italienne, ces organisations multiplient les alliances transnationales. Entretien avec Pietro Grasso, une figure de proue de la lutte antimafia.

LE FIGARO.- Vingt ans après l’assassinat des juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, peut-on dire que la mafia a été battue? Est-elle encore dangereuse?

Pietro GRASSO.-Cosa Nostra, la mafia sicilienne de Toto Riina, a subi des coups très durs qui ont considérablement limité sa capacité militaire, son enracinement sur le territoire. Nombre d’enquêtes sont en cours. Elles nous font espérer d’arriver prochainement à la victoire définitive. Mais il reste encore beaucoup à faire. Sur le terrain, un seul chef historique est encore en liberté (Matteo Denaro Messina à Trapani, NDLR). Son rôle de commandement est beaucoup affaibli. Il n’exerce pratiquement plus aucun pouvoir.

Vous avez déploré que la confiscation des biens mafieux ne soit pas gérée comme elle devrait. Pourquoi?

Plus de quarante milliards d’euros de biens mafieux de toutes sortes ont été saisis en quatre ans: terrains, immeubles, sociétés, véhicules. Ils ont été confiés à des coopératives de jeunes gérées par des associations antimafia. C’est un grand espoir et pour nous un grand succès. Mais ces biens ne sont pas gérés comme il faudrait. Trop de temps se passe entre la saisie et la confiscation effective. Ces biens se détériorent. Il faut les entretenir, lever les hypothèques, enquêter sur les patrimoines pour établir si ces hypothèques sont réelles ou contrefaites. Cela exige des ressources humaines et financières que nous n’avons pas toujours.

Et les autres mafias?

La Camorra napolitaine a subi aussi des coups très durs. Le clan des Casalesi, le plus dangereux, a été détruit, éliminé, ses biens séquestrés. C’est un très grand succès. Quant à la N’Drangheta calabraise, elle accuse elle également des revers sérieux. Son enracinement est combattu avec efficacité non seulement en Calabre, mais aussi à Milan, dans le Piémont, en Ligurie. Les projecteurs sont tous braqués sur cette mafia qui reste pour le moment la plus puissante, la plus dangereuse. Elle domine le trafic de cocaïne, mais elle étend aussi son pouvoir vers d’autres activités criminelles, en Italie et à l’étranger.

Dans votre dernier livre, vous insistez beaucoup sur le fait que «la mafia du XXIe siècle est transnationale».

Le parquet national antimafia que je dirige a établi avec certitude qu’il existe des rapports opérationnels stables entre les mafias italiennes et les plus importantes organisations criminelles internationales, qu’il s’agisse des mafias turque, russe, nigériane, albanaise, de celles des pays d’Europe de l’Est ou des cartels colombiens et mexicains, sans parler de la Cosa Nostra américaine.

Tous sont insérés dans une trame organique de réseaux criminels liés par des accords pour gérer en commun des affaires illicites, pour coordonner le recyclage des gains illicites et le partage des marchés et des zones d’influence. Les enquêtes les plus récentes font également état de rapports entre criminalité organisée et formations terroristes comme les Farc, l’ETA ou encore al-Qaida. Trafic de drogue, d’armes, d’explosifs, de déchets, trafics d’êtres humains, faux documents et recyclage d’argent font partie de leurs activités communes. Les mafias transnationales sont devenues une menace pour la paix, la sécurité et l’autorité des États.

Quels nouveaux trafics retiennent votre attention?

Sans aucun doute celui de la contrefaçon et du trafic des médicaments de fraude, qui est très dangereux pour la santé. Il implique des réseaux très organisés qui assurent la transmission entre les pays producteurs comme la Chine ou l’Amérique latine, et les marchés européens ou américains. C’est certainement l’un des trafics les plus actifs. Les mafias se sont rapidement converties à la mondialisation des marchés.

Les législations sont-elles adaptées à ces nouveaux trafics?

La législation italienne est à l’avant-garde. Depuis sept ou huit ans, elle s’est adaptée à ce nouveau trafic en reconnaissant le délit d’association de malfaiteurs aux fins de trafics de contrefaçon. Cela confère à nos équipes les instruments juridiques nécessaires pour débusquer les réseaux les plus dangereux.

Pensez-vous que l’Europe dans son ensemble, la France en particulier, ait bien pris la mesure de ce danger?

Il serait souhaitable que tous les pays prennent conscience de la gravité de ce danger comme l’Italie l’a fait. Les réseaux criminels profitent des différences de législations pour se développer dans les pays dont les lois ne sont pas aussi contraignantes que les nôtres. Il est absolument nécessaire que l’Europe se dote de lois homogènes pour pouvoir renforcer la coopération internationale, s’agissant en particulier de la séquestration de biens. Avec nos collègues français, c’est un sujet que nous avons plusieurs fois évoqué. Il faut encore renforcer notre coopération dans le domaine informatique pour pouvoir enquêter avec plus d’efficacité sur les patrimoines mafieux.

Source : Par Richard Heuzé – Le Figaro

 

La mafia en Suisse

Profitant de la crise, la mafia s’implante en Suisse

Article swissinfo, Nicole della Pietra, paru le 21.11.2008

Surfant sur la crise économique, la mafia affiche une santé économique éclatante. Cette organisation globalisée présente-t-elle des dangers particuliers pour la Suisse? Le procureur italien anti-mafia, Agostino Abate, dresse un constant inquiétant et énonce les risques potentiels.

swissinfo: En quoi la Suisse est-elle susceptible d’attirer la ou les mafia(s)?

Agostino Abate: Traditionnellement, la Suisse, a toujours joué un rôle fondamental pour deux raisons. D’abord, parce qu’elle permet au crime organisé d’accéder à des contacts ultérieurs avec d’autres régions du monde, à l’abri du contrôle judicaire italien. Et puis surtout, pour y recycler, cacher et réinvestir ses capitaux.

Malheureusement, depuis quelques années, cet attrait va plus loin. La Suisse est désormais devenue un territoire d’implantation et de développement des activités criminelles autonomes de certains clans. D’un point de vue «génétique», la présence de la mafia exige obligatoirement – et cela se fait parfois très facilement – la création de conditions favorables à ses activités, en pénétrant préalablement le tissu social et économique local qu’elle veut infiltrer.

Ça commence par des investissements dans des activités commerciales licites appartenant à des tiers, pour passer, peu à peu, à la gestion directe du narcotrafic ou de la prostitution pour ne citer que deux exemples. Ce ne sont pas des estimations; je parle de faits avérés en ce qui concerne la Suisse.

swissinfo: Vous évoquiez le recyclage, mais d’autres pays aussi attirent l’argent du crime, sans parler des facilités qu’offre Internet…

A.A. : Il faut reconnaître que la Suisse a perdu de son pouvoir d’attraction avec l’introduction des normes anti-blanchiment et les nouvelles structures judiciaires fédérales. La Suisse n’est plus seulement le petit paradis bancaire et une garantie d’impunité que ce pays a longtemps représenté aux yeux des organisations mafieuses.

Des paradis off shore et d’autres pays, comme l’Angleterre ou le Luxembourg, dans des proportions que je ne veux pas énoncer ici, attirent largement les capitaux du crime organisé aujourd’hui. Quant à Internet, il sert avant tout à déplacer et à faire voyager l’argent.

Mais il n’en demeure pas moins, qu’à un moment donné, l’argent de la mafia doit physiquement franchir la frontière, que ce soit dans une valise ou dans le double-fond d’un coffre de voiture par exemple. C’est inéluctable! D’ailleurs, dans notre jargon anti-recyclage, nous appelons cette phase lorsque «les Schtroumpfs entrent dans la tanière bancaire». Et la Suisse est, et reste, la principale destination de ces transferts.

Swissinfo: Voulez-vous dire que la Suisse n’est pas assez vigilante?

A.A. : Non, je loue le travail des collègues du ministère public à Berne. Mais je dis que l’on ne doit pas se faire d’illusion en s’imaginant que la présence de la mafia se cantonne à l’argent qu’elle dissimule sur la place financière tessinoise, et surtout zurichoise.

Il faut être très attentif aux signes de cette présence et de ces mouvements. Je pense en particulier à l’étape cruciale, lorsque l’organisation noue ses contacts avec des sujets tout à fait respectables, qu’elle va utiliser pour développer ses activités. Je le répète, il y a des signes et il faut impérativement les déceler.

swissinfo: Un exemple…

A.A. : Après la fusillade de Duisburg en Allemagne, on pouvait lire et entendre un peu partout: «C’est un règlement de compte entre clans italiens survenu à l’étranger». C’est totalement faux. Cet épisode de violence a montré que l’organisation s’était véritablement implantée là-bas et qu’elle se déploie partout, là où on ne s’y attend pas.

C’est une réalité. Refuser de la voir revient à enfouir la tête dans le sable. Vous savez, nous ne sommes pas à Hollywood, on ne peut pas distinguer les mafieux des citoyens moyens; ils ne portent pas des «Borsalino» comme dans les films… Je le répète, il faut apprendre à lire certains signaux.

swissinfo: Une organisation patronale italienne, Sos Impresa, dénonçait récemment les montants faramineux que brassent les différentes branches de la mafia. Faut-il y voir un danger de plus pour la Suisse?

A.A. : Il faut redoubler d’attention en période de crise économique. Lorsque des personnes en difficulté ont besoin de financement ou peinent à obtenir des crédits, lorsque les marchés financiers s’effondrent, le danger augmente effectivement.

Celui qui a un pouvoir économique supérieur aux autres peut soudainement conduire une personne qui n’aurait jamais accepté de faire certaines choses à franchir un pas dans l’illégalité. Lorsque c’est fait, il n’y a plus de retour en arrière possible. Or, la présence de telles personnes ou groupes sont des facteurs extrêmement déstabilisants.

La Suisse peut encore réagir face à ce fléau, mais il faut le faire sans attendre, avant qu’il ne soit trop tard. Lutter contre le crime organisé, c’est protéger la démocratie.

AGOSTINO ABATE

Agostino Abate est né en 1957.

Il occupe la fonction de substitut du procureur et successivement procureur de la République à Varèse en Lombardie, depuis 1992.

Le procureur Agostina ABATE
Le procureur Agostino ABATE

Le magistrat est spécialisé dans la lutte contre la corruption et la mafia.

Il a conduit plusieurs enquêtes en collaboration avec le Ministère public de la Confédération, touchant notamment, au blanchiment de capitaux provenant du trafic de stupéfiants.

Plusieurs de ces dossiers d’instruction ont eu des ramifications avec la Suisse. C’était le cas du retentissant scandale du Ticinogate et de l’affaire Francesco Moretti, du nom de cet avocat luganais qui blanchissait les millions des boss de la N’drangheta au Tessin.

Surnommé l’«Antonio di Pietro» de Varèse (Manipulite), il s’attaque à la corruption qui gangrène les institutions de sa province. Ce qui lui vaut aussi de nombreux ennemis dans les milieux économiques.

Agostino Abate est aussi la bête noire du mouvement de la Lega Nord (droite nationaliste italienne), dont il avait fait perquisitionner le siège lombard dans le cadre d’une enquête sur le financement des partis politiques dans le milieu des années 90.

Insulté par le leader de la Lega Nord, Umberto Bossi, dans la presse écrite, le magistrat avait fait condamner le ténor nationaliste pour diffamation.

Carla Del Ponte et Giovanni Falcone échappent à un attentat

Un juge en ItalieQuand elle sourit, Carla Del Ponte est une séduisante jeune femme d’une trentaine d’années. Mais dans son bureau du juge d’instruction de Lugano, son regard vert devient sévère, inquisiteur, impitoyable. Un personnage strict, méticuleux, méfiant, opiniâtre. Carla Del Ponte est venue à Palerme pour retrouver Falcone et interroger en sa présence un mafioso, arrêté en Sicile mais sous le coup d’un mandat d’arrêt émanant des autorités hélvètiques, pour des transports illégaux de capitaux.

Falcone et Del Ponte se connaissaient bien pour avoir souvent collaboré sur des enquêtes de recyclages d’argent dans les banques suisses. C’est donc tout normalement qu’il propose à sa collègue d’aller déjeuner au calme dans sa villa de l’Addaura, bâtie sur des rochers qui surplombent la mer. « Nous pourrons profiter du soleil et même nager dans une petite crique : c’est le seul endroit où je me sens tranquille et en liberté », dit-il.

Il prévient les hommes de son escorte de ce projet. Il demande qu’ils aillent acheter des pizzas pour tout le monde, du jambon cru de montagne, des fruits et du vin rosé. L’interrogatoire du mafioso se prolonge deux bonnes heures. […]

Le pique-nique au bord de l’eau n’aura pas lieu. L’escorte a découvert une bombe placée sous les escaliers taillés dans la roche descendant jusqu’à la crique.

Source : Un juge en Italie, les dossiers noirs de la Mafia, page 257-258, Ferdinando Imposimato, Editions de Fallois, 2000

Le juge antimafia Ferdinando Imposimato
Le juge antimafia Ferdinando Imposimato

American Desperado

American DesperadoCe livre est passionnant à plus d’un titre. Merveilleusement écrit comme un polar par le grand reporter Evan Wright, on y découvre la biographie peu reluisante de Jon Roberts, un trafiquant de drogue cruel, violent, sans foi ni loi. Les 704 pages du livre pourraient rebuter certains lecteurs, mais l’écriture efficace de l’auteur nous tient en haleine. C’est une plongée dans l’enfer de l’Amérique des années 70-80. Si certains passages sont pénibles à lire, ça n’est pas par ennui, mais bien parce que la folie et la violence brutale de Jon Roberts et de ses acolytes nous paraissent incroyables. C’est heureusement bourré d’humour noir, ce qui permet de faire passer certains détails pénibles de cette vie trépidante. L’intérêt de ce livre est surtout une réflexion plus philosophique sur le principe que le père de Jon Roberts lui a inculqué  :

« Si tu dois choisir entre le Bien et le Mal, choisit toujours le Mal. »  

Jon Roberts a appliqué ces fondements à la lettre, tout au long de sa vie.

Qui est Jon Roberts ? 
Jon Roberts, de son vrai nom John Riccobono, est né en 1948 dans la famille Gambino, affiliée à la mafia de New York. Il assiste à son premier meurtre à l’âge de 7 ans alors qu’il est en voiture avec son père. Il s’engagera dans les Marines pendant la guerre du Vietnam pour éviter la prison. Là, il commettra des crimes et des tortures horribles sur des soldats ennemis. Il reviendra à New York, avant de s’enfuir à Miami où il deviendra l’un des plus importants parrains de la drogue des années 80, notamment avec comme client, le célèbre caïd colombien Pablo Escobar. Il sera finalement arrêté et bénéficiera d’une remise de peine en échange d’informations. Roberts est mort en 2011, deux mois après la publication de ses mémoires.

Et la Mafia dans tout ça ? 
Qu’on ne s’y méprenne pas, si au début du livre on découvre le début de carrière de Jon Roberts comme homme de main de la Mafia de New York, ce livre n’est pas à proprement parlé un ouvrage sur la Mafia. En effet, Jon Roberts, contrairement à son père, n’a jamais été affranchi ni « homme d’honneur ». Après son départ pour Miami, il est devenu le caïd d’une organisation criminelle spécialisé dans le trafic de drogue avec les cartels de Colombie.

C. Lovis

American Desperado,
de Jon Roberts et Evan Wright, trad. Patricia Carrera
Éditions 13e Note, 704 pages

Les Hommes de l’antimafia (portraits)

A tous celles et ceux qui ont lu « Les hommes de l’antimafia » le monde a besoin de héros, voici les portraits des tous les acteurs de l’ouvrage.

 2013 © Tous droits réservés


Colonel Giuseppe « Nino » Russo

(06.01.1928 – 20.08.1977)

Commandant de l’Unité d’enquête de Palerme et confident du Général Carlo Alberto Dalla Chiesa, Giuseppe Russo était dans les années 1970 le seul officier de police avec le Commissaire Boris Giuliano, à avoir compris le danger de Toto Riina et de l’organisation criminelle des Corleonesi.

Le Colonel "Nino" Russo abattu à Favara
Le Colonel « Nino » Russo abattu à Ficuzza alors qu’il se promenait en compagnie de son ami, le professeur Filippo Costa qui a été assassiné également par les tueurs

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Commissaire Boris Giuliano

(22.10.1930 – 21.07.1979)

Boris Giuliano était le chef de la Squadra Mobile de Palerme. Enquêteur brillant et charismatique, il avait mis au point des importantes synergies avec e F.B.I aux Etats-Unis pour lutter contre le trafic de stupéfiants.

Boris Giuliano, policier antimafia
Boris Giuliano, policier antimafia

Lieu de l'assassinat de Boris Giuliano. Le bar Lux se trouve à Palerme

La mère, l'épouse et le fils de Boris Giuliano à ses obsèques
La mère, l’épouse et le fils de Boris Giuliano à ses obsèques

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Capitaine Emanuele Basile

(02.07.1949 – 04.05.1980)

En charge de l'enquête sur les assassins du Commissaire Giuliano, l'officier des carabiniers travailla en étroite collaboration avec le juge Paolo Borsellino.
En charge de l’enquête sur les assassins du Commissaire Giuliano, l’officier des carabiniers travailla en étroite collaboration avec le juge Paolo Borsellino.

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Général Carlo Alberto Dalla Chiesa

(27.09.1920 – 03.09.1982)

Le Général Dalla Chiesa, combattant de la seconde guerre mondiale, avait vaincu le banditisme en 1950. Il connaissait bien la mafia pour avoir opéré déjà dans les années cinquante à Corleone. Il avait aussi gagné la guerre contre les brigades rouges. Ses enquêtes et son travail auprès de la population mettaient en danger Cosa nostra. Il a été tué avec sa jeune épouse alors qu'ils se rendaient au restaurant.

Le Général Dalla Chiesa, combattant de la seconde guerre mondiale, avait vaincu le banditisme en 1950. Il connaissait bien la mafia pour avoir opéré déjà dans les années cinquante à Corleone. Il avait aussi gagné la guerre contre les brigades rouges. Ses enquêtes et son travail auprès de la population mettaient en danger Cosa nostra. Il a été tué avec sa jeune épouse alors qu’ils se rendaient au restaurant.

Le carabinier suivait la voiture occupée par le le Général Dalla Chiesa et son épouse Emanuela Setti Carraro quand arrivé à la via Carini, à Palerme, un commando de tueurs des Corleonesi attaquèrent armés de Kalashnikov AK-47, ne laissant aucune chance de riposte au policier.

Emanuela Setti Carraro était infirmière quand elle épousa le Général Dalla Chiesa. Née dans une famille bourgeoise de Milan en 1950, elle n’avait que 32 ans lorsqu’elle mourut dans l’attentat de la rue Carini. Le couple a été tué seulement deux mois après leur mariage. Le Général essaya dans une tentative désespérée de lui servir de bouclier, mais le jeune femme a été achevée d’une balle dans la tête par l’un des tueurs.

Carabinier Domenico Russo (escorte)

(27.12.1950 – 03.09.1982)
Agent Domenico Russo

Le carabinier suivait la voiture occupée par le le Général Dalla Chiesa et son épouse Emanuela Setti Carraro quand arrivé à la via Carini, à Palerme, un commando de tueurs des Corleonesi attaquèrent armés de Kalashnikov AK-47, ne laissant aucune chance de riposte au policier.

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Conseiller instructeur Rocco Chinnici

(19.01.1925 – 29.08.1983)

Rocco Chinnici a été à l'origine du pool antimafia de Palerme. C'était un brillant magistrat qui se rendait dans les écoles et les universités pour dire aux jeunes que la mafia n'était pas une alternative aux difficultés de la vie. Chacun s'accorde à dire que le Maxi Procès (U Maxi 1986) qui a été l'un des premiers grand événement judiciaire contre Cosa nostra était la conséquence directe de son travail.
Rocco Chinnici a été à l’origine du pool antimafia de Palerme. C’était un brillant magistrat qui se rendait dans les écoles et les universités pour dire aux jeunes que la mafia n’était pas une alternative aux difficultés de la vie. Chacun s’accorde à dire que le Maxi Procès (U Maxi 1986) qui a été l’un des premiers grand événement judiciaire contre Cosa nostra était la conséquence directe de son travail.

Maréchal Mario Trapassi

(08.12.1950 – 29.08.1983)

Agent Mario Trapassi
Mario Trapassi avait été responsable de la protection du juge Borsellino. Au moment où il a été tué dans l’attentat sur Rocco Chinnici, le carabinier avait 33 ans. Il était père de 4 enfants.

Carabinier Salvatore Bartolotta

(03.03.1935 – 29.08.1983)

Agent Salvatore Bartolotta
Salvatore Bartolotta était devenu ami avec Rocco Chinnici. Quand il demanda d’être rattaché à sa protection, le magistrat hésita puisque la sécurité de son entourage le hantait. Il accepta par amitié. Bartolotta avait trente ans de service au moment où il a été tué. Il s’était distingué souvent pour son courage et son engagement. Issu d’une famille paysanne, il avait toujours rêvé servir la Légion des carabiniers.

Stefano Li Sacchi (concierge de l’immeuble)

(02.06.1923 – 29.08.1983)

Stefano Li Sacchi
Stefano Li Sacchi était le concierge de l’immeuble où habitait Rocco Chinnici. Il ouvrait souvent la porte au magistrat et échangeaient quelques mots en l’accompagnant vers la sortie. C’est ce qu’il fit ce matin-là et qui lui coûta la vie dans l’attentat de la via Pipitone Federico.

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Conseiller instructeur Antonino Caponnetto

(05.09.1920 – 06.12.2002)

Antonino Caponnetto décida de se rendre en Sicile à la suite de l'assassinat de Rocco Chinnici et poursuivit les travaux de son homologue. En gardant cette ligne, le pool antimafia vit le jour et fut d'une efficacité sans précédent. Pour éviter les risques d'attentat et limiter les escortes, le magistrat logea dans une petite chambre de la caserne des carabiniers pendant toute la durée de son mandat.
Antonino Caponnetto décida de se rendre en Sicile à la suite de l’assassinat de Rocco Chinnici et poursuivit les travaux de son homologue. En gardant cette ligne, le pool antimafia vit le jour et fut d’une efficacité sans précédent. Pour éviter les risques d’attentat et limiter les escortes, le magistrat logea dans une petite chambre de la caserne des carabiniers pendant toute la durée de son mandat.

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Inspecteur « Lillo » Calogero Zucchetto

(03.02.1955 – 14.11.1982)

Agent Calogero Zucchetto
Calogero Zucchetto était l’un des premiers policier sicilien à tenter de s’infiltrer jusque dans les quartiers tenus par la mafia. Il parcourait au guidon de sa moto les secteurs des gangs. Un jour, il réussi à entrer en contact avec le repenti Totuccio Contorno qui fit des aveux importants pour l’établissement du rapport « 162 » indiquant la structure des familles et indiquant en particulier la montée en puissance des Corleonais de Toto Riina.

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Commissaire Giuseppe « Beppe » Montana

(03.02.1951 – 28.07.1985)

Commissaire Guiseppe "Beppe" Montana
Beppe Montana était le chef des Catturandi de Palerme. Il montra une persévérance impressionnante et mena ses enquêtes avec une efficacité redoutable. Doté d’un moral d’acier, Montana donnait une impulsion incroyable à son équipe pour déférer les mafiosi devant la justice. Ses filatures lui permirent de découvrir de nombreuses caches d’armes et quantité de drogue.

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Commissaire Antonino « Ninni » Cassarà

(07.05.1947 – 06.08.1985)

Commissaire Antonino "Ninni" Cassarà
Le commissaire Cassarà se distingua notamment dans l’établissement du rapport 162. Le policier était l’alter ego opérationnel du Juge Falcone avec qui ils travaillaient en étroite collaboration. Cassarà était doté d’une intelligence stratégique redoutable.

Agent Roberto Antiochia

(07.06.1962 – 06.08.1985)

Agent Roberto Antiocha
Après l’assassinat de Beppe Montana, Roberto Antiochia décida de stopper ses vacances pour rentrer à Palerme et rejoindre Ninni Cassarà. Il savait que son chef était en grand danger et pensait que sa place était auprès de lui, pour assurer son escorte. Cassarà fut tué d’une centaine de balles, Antiocha n’eut pas le temps de riposter à l’attaque d’un commando composé de plusieurs mafiosi armés de AK-47.

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Le juge Giovanni Falcone

(18.05.1939 – 23.05.1992)

Giovanni Falcone est l'emblème de la lutte antimafia. Son courage et son abnégation pour que l'Etat de droit soit respecté a été sans faille malgré le danger encourus pendant de nombreuses années et la disparition de plusieurs de ses amis.
Giovanni Falcone est l’emblème de la lutte antimafia. Son courage et son abnégation pour que l’Etat de droit soit respecté a été sans faille malgré le danger encourus pendant de nombreuses années et la disparition de plusieurs de ses amis.

Vito Schifani, Rocco Di Cillo, Francesca Morvillo, Antonio Montinaro

(23.05.1992)

Vito Schifani, Rocco Di Cillo, Francesca Morvillo et Antonio Montinaro
Vito Schifani, Rocco Di Cillo, Francesca Morvillo et Antonio Montinaro

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Le juge Paolo Borsellino

(19.01.1940 – 19.07.1992)

Paolo Borsellino est également une figure emblématique de la lutte antimafia. Il faisait partie de ces juges charismatique et extrêmement compétent qui fit de sa vie un combat contre Cosa nostra.
Paolo Borsellino est également une figure emblématique de la lutte antimafia. Il faisait partie de ces juges charismatique et extrêmement compétent qui fit de sa vie un combat contre Cosa nostra.

Emanuela Loi, Claudio Traina, Agostino Catalano, Vincenzo Li Muli

(19.07.1992)

Emanuela Loi, Claudio Traina, Agostino Catalano, Vincenzo Li Muli
Emanuela Loi, Claudio Traina, Agostino Catalano, Vincenzo Li Muli

Walter Cosina

(19.07.1992)

Agent Walter Cosina
Agent Walter Cosina

La photo comme résistance à la Mafia

Letizia Battaglia commença son travail de photographe en 1974, en travaillant pour divers journaux siciliens (L’Ora) ; elle fut notamment chargée de photographier les personnes abattues par la mafia.

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LETIZIA BATTAGLIA : LA PHOTO COMME RÉSISTANCE À LA MAFIA

Reportage