Cosa Nostra : opération antimafia

La Guardia di Finanza de Catane a mené l’opération « Brotherhood » contre le clan Ercolano (un des plus puissants de Sicile orientale) en interpellant 6 personnes, plusieurs autres (dont 3 avocats) ont été inculpées mais laissées libres.

arresti-da-parte-della-guardia-di-finanza

Les enquêteurs accusent notamment Aldo Ercolano, régent du clan (fils de Tano, frère de Mario et cousin d’un autre Aldo, commanditaire du meurtre de Pippo Fava en 1984), d’avoir utilisé ses contacts dans la franc-maçonnerie, notamment la loge « Kairos », pour truquer des appels d’offres et détourner les procédures de ventes aux enchères lors des faillites d’entreprise.

Un complice a ainsi pu récupérer des biens, estimés à 1,3 million d’euros, d’une société en faillite pour une somme de 250.000 euros. Le clan était également actif dans les prêts usuraires : un homme ayant emprunté 23.000 euros a finalement du rembourser
114.000 euros.

Des cas d’extorsion et de recouvrement de dettes par intimidation mafieuse ont également été recensés.

Lien vers la vidéo

Calabre: deux chefs de la mafia vivaient dans un bunker « comme des animaux »

Deux des criminels les plus recherchés d’Italie ont été arrêtés dans un bunker, avec un arsenal impressionnant. Le bâtiment était « très bien caché au milieu des arbres » dans la montagne de Calabre.

« Comme des animaux » avec un véritable arsenal. Deux chefs de la Ndrangheta, la mafia calabraise ont été arrêtés vendredi par la police italienne qui les a découverts cachés dans un bunker aménagé, où ils « vivaient comme des animaux ».

Giuseppe Ferraro, 47 ans, et Giuseppe Crea, 37 ans, « vivaient dans ce bunker, très bien caché au milieu des arbres », dans les montagnes au-dessus de Maropati, a précisé le procureur de la Calabre, Federico Cafiero de Raho. Le magistrat a ajouté que le site était sous surveillance depuis un an. »Ils vivaient là comme des animaux, une vie rude complètement coupée de la société », a ajouté le procureur.

 Sur les photos faites par la police, on peut voir l’intérieur de cet abri, un local en dur de 25 m2 environ, très sommaire, où sont entreposés notamment des boîtes de tomates en conserve et un thermos, aux côtés d’un évier rudimentaire.
Suite de l’article de l’Express
Giuseppe Crea et Giuseppe Ferraro
Giuseppe Crea et Giuseppe Ferraro

CAMORRA : Un boss mafieux veut faire gagner sa fille à la TV

150 carabiniers ont été déployés à Villaricca (ouest de Naples), fief du clan Ferrara, pour interpeller 7 personnes, accusées d’extorsion de fonds mafieuse.

ACTUALITEParmi les personnes arrêtées figurent Domenico « O’Moccuso » Ferrara, 58 ans, boss du clan, et ses deux principaux lieutenants, Vittorio Amato et Rocco Ruocco. Le parrain se trouvait devant la télévision, à regarder le match du club de foot de Naples. Les enquêteurs de Naples ont pu retracer l’organigramme précis du groupe criminel où on retrouve Domenico Ferrara à la tête du clan. L’enquête complexe agrémentée d’écoutes téléphoniques et d’observations a permis l’arrestation des principaux mafieux.

Les enquêtes de police judiciaire, corroborée par les déclarations des collaborateurs de justice ont permis de vérifier l’existence d’un solide trafic de la drogue avec d’énormes sommes d’argent en jeu.

Les activités d’enquêtes ont porté sur les déclarations de plusieurs collaborateurs de justice qui coopèrent avec la police depuis plusieurs mois. Le rapport d’investigation a montré, non seulement le fonctionnement actuel du clan, mais aussi la nature particulièrement dangereuse de leurs dirigeants et en particulier, Domenico Ferrara.

Anecdote : Quand un parrain de la Camorra veut faire gagner sa fille dans une émission de télévision.

En février 2013, les enquêteurs avaient saisi au domicile de Domenico Ferrara 320 téléphones portables, utilisés pour soutenir sa fille Vania, candidate à l’émission de télé-crochet « Tu lascio una canzone », sur RAI 1. Elle a fini seconde du programme grâce aux votes des téléspectateurs. C’est à ça qu’ont servi les téléphones : le clan Ferrara les a distribués à la famille, aux amis et aux voisins pour qu’ils votent. Après l’émission, les camorristes ont récupéré les portables pour vérifier que les gens avaient suffisamment voté pour la fille du parrain…

Le boss mafieux Domenico O'Moccuso Ferrara
Le boss mafieux Domenico O’Moccuso Ferrara arrêté par les carabiniers

Source février 2016 : http://www.internapoli.it

Vaste coup de filet contre la mafia calabraise

En 2010, près de 3 000 policiers italiens ont mené une vaste opération contre la ‘Ndrangheta à travers l’Italie. Plus de 300 personnes ont été arrêtées, dont le patron présumé de la pègre calabraise, notamment pour meurtre, détention et trafic d’armes.

L’opération était d’une ampleur exceptionnelle. Quelque 3 000 policiers ont été mobilisés en Calabre et dans le nord de l’Italie, plus de 300 mafieux présumés ont été arrêtés. En ligne de mire : la ‘Ndrangheta, très secrète et ultrapuissante mafia calabraise.

« Il s’agit de la plus importante opération menée ces dernières années contre la ‘Ndrangheta que nous avons touchée au cœur de son système criminel tant sur le plan organisationnel que patrimonial », s’est félicité le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, à l’issue de l’opération. Des arrestations auraient également eu lieu aux Etats-Unis et au Canada.

Ce coup de filet avait couronné deux ans d’investigations de grande ampleur, menées après l’assassinat le 15 juillet 2008 de Carmelo Novella à San Vittore, village du nord de Milan. L’homme était l’ambitieux chef d’un clan de la ‘Ndrangheta dans la région, l’une des plus riches d’Europe. Il a été assassiné après avoir affirmé ses velléités indépendantistes vis-à-vis de la base calabraise de l’organisation.

Parmi les personnes arrêtées, figure Domenico Oppedisano, un octogénaire à la peau tannée par le soleil et à la barbe mal rasée. L’homme, un polo sombre négligemment enfilé, a été cueilli par la police dans la petite ville côtière de Rosarno, à l’extrême sud de l’Italie. Un gros bonnet aux yeux de la justice italienne : il est considéré comme le patron de la « province », organisme qui regroupe les différents clans constituant la ‘Ndrangheta.

Domenico Oppedisano
Le boss mafieux de la province, Domenico Oppedisano

La ‘Ndrangheta ébranlée

L’opération ébranle la première organisation mafieuse du monde mais ne l’achève pas pour autant. […]

La ‘Ndrangheta a longtemps été considérée comme le parent pauvre de la mafia italienne, au fonctionnement familial et au champ d’action limité, en comparaison à la Cosa Nostra sicilienne ou à la Camorra napolitaine. Mais depuis une vingtaine d’années, l’organisation a surpassé – et de loin – ses sœurs italiennes. « C’est la mafia la plus puissante et la plus étendue dans le monde », confirme Fabrice Rizzoli. « Elle a fait de l’importation de cocaïne sa grande spécialité ». Dans un rapport publié en 2006, la direction des investigations anti-mafias considère qu’un tiers du trafic de la cocaïne colombienne dans le monde passe par la ‘Ndrangheta. Mais l’organisation a posé sa patte sur à peu près tous les secteurs juteux : trafics d’immigrés, d’armes et d’immobilier en Europe, celui des diamants en Afrique du sud, casinos et fausse monnaie en Australie. Et évidemment, elle saupoudre de cocaïne et héroïne tous les pays occidentaux.

Le chiffre d’affaires de l’organisation atteint désormais quelque 44 milliards d’euros, selon l’Institut italien spécialisé Eurispes. Mardi en marge des arrestations, la police a saisi des biens, des armes et de la drogue estimés à quelques dizaines de millions d’euros. Une goutte d’eau face à l’immensité de la fortune et de la sphère d’influence des clans calabrais.

Source : France24 – 2010

C’était le parrain de la mafia calabraise

L’Etat italien vient de cogner sur la ‘Ndrangheta, la plus puissante mafia d’Europe. L’opération a révélé une organisation insoupçonnée et, au sommet, un boss.

C’est donc lui, le boss, le chef suprême de la ‘Ndrangheta, qui avait droit de vie et de mort sur les hommes, la Calabre et le monde? Le parrain dégarni que des hommes confits de révérence embrassent, sur ces images captées par les carabiniers au creux de cet Aspromonte rude et délaissé, aux confins de l’Italie? Ce 13 juillet, sous les flashs, Domenico Oppedisano, 80 ans, mâchoires serrées, menottes aux poings entre deux flics, regarde son pouvoir s’éloigner, en silence.

Ce 13 juillet, l’Etat italien a frappé un grand coup sur la tête de la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, devenue, en quelques années, l’organisation la plus riche et dangereuse d’Europe, loin devant sa cousine sicilienne, Nostra. La « maxi-opération » des parquets de Reggio de Calabre et de Milan – 300 personnes arrêtées, 1,5 million d’écoutes – a levé le couvercle sur cette secte à la force aveugle et rampante, aussi tribale qu’ultramoderne. Surprise: cette mafia que l’on décrivait comme une addition « horizontale » de familles autonomes serait en fait une organisation « verticale »! « C’est exceptionnel, nous avons mis au jour un sommet de la ‘Ndrangheta – un « Crimine » – avec, à sa tête, un boss élu chaque mois d’août pour un an. Une structure très hiérarchisée qui décide des chefs dans le nord de l’Italie, au Canada, en Australie… », explique Renato Cortese, le chef de la squadra mobile de Reggio de Calabre. Une présidence tournante, en somme, pour la première mafia globale.

Domenico Oppedisano Boss n°1 de la Ndrangheta

La ‘Ndrangheta ne jure que par les liens du sang

Ingénieux, quand en Sicile, le parrain de Cosa Nostra, Toto Riina, qui a conquis son pouvoir dans les effusions de sang et le tapage des bombes, arrêté en 1993, peut rester le boss jusque derrière les barreaux de sa taule… Le régent Oppedisano n’est pas Riina, ni tyran ni chef militaire. La ‘Ndrangheta n’est pas Cosa Nostra. « Et précisément, dans cette enquête, souligne un enquêteur, nous n’avons pas bénéficié de l’aide de repentis. » Pas de Tommaso Buscetta, donc, qui, il y a vingt-six ans, ouvrit au juge Falcone le livre de Cosa Nostra, ses organigrammes, ses grades. Le renégat déchiffra devant le juge la conspiration de la Mafia et le drame d’un peuple.

En Calabre, les balances se font attendre. Dans la ‘Ndrangheta, qui ne jure que par les liens du sang, on trahit rarement son père ou son frère. La famille, envers et contre tous. La famille, dont l’écrivain calabrais Corrado Alvaro disait, au siècle dernier, qu’elle est la « force de la Calabre, sa colonne vertébrale, le champ de son génie, son drame et sa poésie ». C’est de cette lymphe que la ‘Ndrangheta tire sa puissance et son secret. Au point que, dans une famille ‘ndranghetiste, on naît, par définition, « jeune d’honneur ». Mais c’est à 14 ans, l’âge légal du baptême d’affiliation, le jour où l’on franchit, d’une piqûre rituelle dans le doigt, la frontière invisible qui sépare sa triviale existence du sacré. Ce jour où l’on jure, au nom de « Notre Seigneur Jésus », de se vouer au service exclusif et définitif de la « ‘ndrine », la famille mafieuse – la première cellule de la ‘Ndrangheta, qui s’élargit à coups de mariages arrangés. Et, pour ceux qui s’éloigneraient du droit chemin, il y a un tribunal interne. Doté d’une peine capitale.

Reggio di Calabre

Le service public et la politique en ligne de mire

C’est un jour de noce, le 19 août 2009, que le vieil Oppedisano a été élu boss – les ‘ndranghetistes tiennent des sommets lors des banquets nuptiaux et des enterrements. Son sacre fut ratifié le 1er septembre dernier, durant la fête annuelle de la madone de la montagne, à San Luca. Ce bourg misérable de l’Aspromonte, qui abrite, derrière ses façades grises, des palais de marbre et des bunkers à ouverture hydropneumatique pour les fugitifs, est la « mamma » de la ‘Ndrangheta. C’est San Luca qui autorise l’implantation de chaque nouvelle colonie ‘ndranghetiste dans le monde. Et c’est là, dans une blanchisserie-QG en sous-sol d’un centre commercial de Siderno, que, le 31 juillet 2009, les enquêteurs éberlués entendent, pour la première fois, des hommes, dont deux venus de l’Ontario, parler à voix basse de ce Crimine… Une sorte de « cour constitutionnelle », donc, renouvelée chaque année, qui tranche les litiges entre clans, qui ratifie, surtout, l’élection des capi dans le nord de l’Italie, en Allemagne, au Canada ou en Australie. La ‘Ndrangheta n’infiltre plus seulement, en Calabre, chaque kilomètre de route, chaque appel d’offres, chaque pensée. Elle flingue, au-delà, toute velléité indépendantiste.

Mal en a pris, ainsi, au boss Carmelo Novella, un timbré qui voulait fonder « sa » ‘Ndrangheta à Milan. Le 12 juin 2008, un affilié commente sobrement: « Le Crimine l’a licencié. » Un mois après, Novella reçoit quatre balles dans le coffre, dans un bar, en plein jour. Un an plus tard, on comprend mieux ce que veut dire le sage Oppedisano, le gardien du temple et de ses règles, quand il s’énerve devant son neveu Pietro : « Si je n’opine pas de la tête, il n’y a rien pour personne…! C’est clair? » Certes. Mais on se demande bien, aujourd’hui, qui est cet Oppedisano, natif de Rosarno, cet inconnu ! Son prédécesseur, Antonio Pelle « Gambazza », était un seigneur de San Luca, mais lui? « Si la charge formelle revient à Oppedisano, il traduit surtout l’importance des familles de Rosarno et de la plaine de Gioia Tauro », précise Cortese. Les clans Piromalli, Alvaro, Pesce… Les puissants clans des affaires. L’autre visage, moderne, souterrain, de la ‘Ndrangheta…

Car cette mafia, infiltrée dans le système économique et politique, dépasse de loin les 6 000 affiliés. L’opération du 13 juillet a démêlé des fils de sa « zone grise » à Milan, le coeur économique de la ‘Ndrangheta. Il y a encore six mois, le préfet Lombardi, mal informé sans doute, disait tout haut: « A Milan, la mafia n’existe pas. » Les magistrats ont révélé plus de 500 affiliés en Lombardie, les manigances du directeur du département sanitaire de Pavie, qui achetait des votes pour un boss… La ‘Ndrangheta déplace des milliers de voix, en échange de marchés. Et, aujourd’hui, elle place directement ses pions dans l’administration publique. Il faudra encore frapper ces « invisibles », « ce troisième niveau », jusqu’au coeur de la politique, explique Nicola Gratteri, le procureur adjoint de Reggio. La calabraise est loin d’avoir libéré tous ses secrets. C’est en marchant que les limiers en apprennent sur cette mafia de sables mouvants.

L’hydre de Calabre

Un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros et des ramifications sur les cinq continents. La ‘Ndrangheta calabraise est l’une des organisations du crime les plus puissantes au monde, ayant le monopole du marché de la coke en Europe, traitant d’égal à égal avec les cartels colombiens et mexicains. « L’honorable société » a une structure très complexe, associant des formes strictes de hiérarchie à une très large autonomie des structures de base. Environ 150 « ‘ndrine » (familles) la composent, chacune ayant son territoire d’influence et dépendant d’un « locale », la première cellule organisative de cette mafia. Comptant au moins 49 affiliés, il est hiérarchisé comme une entreprise, avec un « capo locale » ayant droit de vie et de mort, un comptable et un « crimine » gérant les affaires illicites. Où qu’elle s’exporte, la ‘Ndrangheta reproduit ce modèle, ses rites. Mais la base de commandement reste en Calabre.

Source : par Delphine Saubaber, L’express – 2010

Giovanni Brusca, la férocité d’un mafioso au 150 homicides !

Giovanni Brusca a été l’un des tueurs les plus cruels et féroces dans l’histoire de la mafia sicilienne. Ce tueur et tortionnaire a avoué plus de 150 meurtres. Il s’est illustré pour être l’un des principaux acteurs de l’assassinat du juge Giovanni Falcone. C’est en effet lui qui a appuyé sur le bouton de la bombe qui a fait exploser l’autoroute. Mais il est aussi considéré comme un tueur de femmes et d’enfants. Il a kidnappé, séquestré et étranglé de ses propres mains avant de le dissoudre dans l’acide, Giuseppe Di Matteo, un jeune garçon de 13 ans dont la seule faute était d’être simplement le fils d’un repenti qu’ils espéraient voir se rétracter.

Comment peut-on trouver un tel niveau de cruauté chez un homme ?

Je suis toujours resté particulièrement froid avant, pendant et après le crime, peut-on lire dans ses mémoires.

Pour l’historien Nicola Tranfaglia, la Mafia n’a jamais reculé pour assassiner ses ennemis, mais la cruauté mise en œuvre par le clan de Corleone dans les années 80-90 a été bien au-delà de toutes les normes en vigueur en Italie.

J’ai torturé des gens pour les faire parler, j’ai étranglé aussi bien ceux qui avouaient que ceux qui gardaient le silence., j’ai dissous des corps dans l’acide, j’ai rôti des cadavres sur des grands grils, j’ai enterré les restes dans des fosses que j’avais préalablement creusées à la pelleteuse. Certains repentis disent éprouver aujourd’hui du dégoût pour ce qu’ils ont fait. Je ne peux parler qu’en mon nom : tout cela ne m’a jamais encombré. »

Giovanni Brusca a été arrêté en 1996. Depuis, il est devenu l’un des collaborateurs de justice les plus importants.

Arrestation de Giovanni Brusca
L’arrestation à Agrigente de Giovanni Brusca a été une grande victoire pour les forces de l’ordre.

Son arrestation a été considérée en Italie comme la plus importante dans le secteur de l’antimafia depuis celle de Toto Riina, le «boss des boss». Malgré son jeune âge, 36 ans, Brusca était en réalité le dernier des Corleonais qui avait pris la direction de Cosa Nostra. Lançant une campagne de terreur contre les repentis, il s’était lui-même chargé des plus sales besognes. Plus de 400 agents furent mobilisés pour son arrestation.

Les policiers ont laissé éclaté leur joie après l'arrestation de Brusca
Les policiers ont laissé éclaté leur joie après l’arrestation de Brusca

Giovanni Brusca en bref

Naissance et débuts criminels

Giovanni Brusca né le 20 février 1957, il est le fils de Bernardo Brusca, le parrain local du clan de San Giuseppe Jato (réputé le plus impitoyable de Sicile avec les Corleonais). Lorsque ce dernier est condamné à la prison à perpétuité pour plusieurs homicides, c’est son fils Giovanni qui prend les commandes du clan et du territoire. Giovanni Brusca commet son premier meurtre à l’âge de 18 ans. Il est intronisé au sein de Cosa nostra par Toto Riina lui-même en 1976, il a alors 19 ans. Entre 1993 et 1996, il devient l’un des plus puissants chefs de Cosa nostra et participe à l’attaque contre l’état avec plusieurs attentats à la bombe.

Le Soldat de la Mafia

Jeune mafioso, il est surnommé «U» Verru « (en sicilien) ou Il Porco (en italien: le porc). Grassouillet, barbu et les cheveux hirsutes, c’est sans doute à cause d’une propreté douteuse qu’il fut surnommé comme cela. Il a été aussi surnommé Lo scannacristiam (L’égorgeur de chrétiens). Il a avoué aux juges avoir tué de ses propres mains plus de 150 personnes, mais ne se souvient plus du nombre exact. A chacun de ses déplacements, lorsqu’il était au sommet de son pouvoir, il était accompagné de mafiosi cachés dans un fourgonnette et armés de kalachnikovs. Si jamais une patrouille de police venait à arrêter le véhicule et à ouvrir les portières, ils avaient pour instruction d’ouvrir le feu sans attendre.

Le monstre

En 1993, le mafioso Santo Di Matteo qui a participé à l’assassinat du juge Falcone est en train de dévoiler les secrets du complot à la justice. Giovanni Brusca kidnappe alors son fils (Giuseppe Di Matteo – 11 ans) en se faisant passer pour un policier. Le jeune garçon sera séquestré et torturé pendant 26 mois. Durant cette période, des photos macabres son envoyées à son père pour le forcer à se rétracter. Il donnera l’ordre à ses hommes d’étrangler le jeune garçon et de dissoudre le corps dans un baril d’acide afin que la famille ne puisse par faire des funérailles convenables.

Giuseppe di Matteo
Giuseppe di Matteo le jeune garçon enlevé et assassiné par Brusca

Collaborateur de justice

Le 20 mai 1996, il est arrêté dans une villa en pleine campagne. Au début, ses révélations à la justice ne sont pas partiales et lui servent à se venger. Puis un jour, il fait le choix de collaborer totalement avec les magistrats. Ce repentir permet d’identifier les instigateurs et auteurs du massacre de Capaci qui tua le juge Falcone, sa femme et son escorte. Ils sont condamnés à perpétuité et pour la première fois est révélé l’existence de la « Papello »  : la liste des exigences de Toto Riina à l’État pour arrêter les attentats.

Le procès

Giovanni Brusca est condamné à d’innombrables années de prison. Beaucoup ont douté de son repentir et il n’a obtenu le statut de collaborateur de justice qu’en 1999. En 2004, en récompense de sa bonne conduite et sa coopération avec les autorités, Giovanni Brusca a reçu l’autorisation de sortir de prison une semaine tous les 45 jours pour voir sa famille. Cette mesure a indigné les proches de ses nombreuses victimes qui ont trouvé cette mesure bien clémente au regard des crimes commis par ce serial-killer de la mafia.

Giovanni Brusca, un tueur impitoyable de la Mafia
Giovanni Brusca, un tueur impitoyable de la Mafia

Source : Les parrains de Corleone de John Follain