Pourquoi l’Italie est-elle épargnée par les attentats jihadistes ?

Au sein du Parquet national antimafia italien qui possède une énorme expérience dans la lutte contre la criminalité organisée, il existe un Super-Parquet antiterroriste depuis quelques mois. Ce parquet peut se prévaloir de la loi existant déjà sur les repentis de la Mafia pour encourager défections et délations au sein des mouvements terroristes. Les imams sont particulièrement surveillés et une dizaine de mosquées font déjà l’objet d’une surveillance renforcée.

Vincenzo Macri

Ces derniers jours, Vincenzo Macrì, l’ex-procureur de la Direction Nationale Antimafia  a répondu à une question que beaucoup de posent :

 

Pourquoi l’Etat islamique n’a encore entrepris aucun attentat sur le sol italien, pourtant berceau de la religion catholique et également engagé avec la coalition pour combattre les terroristes ?

Selon Vincenzo Macrì

« Daech ne frappe pas l’Italie parce qu’il a besoin de tranquillité pour les mafias qui trafiquent avec lui. Hélas, la présence des mafias nous garantit une certaine tranquillité du point de vue du risque d’attentats terroristes. » … « Les mafias italiennes sont présentes en Afrique du Nord pour guider le trafic des migrants vers les côtes. Il y une sorte de division des gains de ce trafic… Depuis les années 1990, la ‘ndrangheta est à Milan. Aujourd’hui, la ville est le centre du marché de cocaïne de toute l’Europe, c’est la place où s’établit le prix. (…) La vérité est qu’en Lombardie s’est produite une demande de services mafieux, d’illégalité, et la ‘ndrangheta a été prête à les offrir, nouant les contacts avec grands entrepreneurs (hommes d’affaires) et peu à peu elle a pris leur place. »

Les services secrets italiens très actifs en Libye restent toutefois en état d’alerte. En 2016, un Tunisien de 25 ans, Bilel C., soupçonné de préparer un attentat contre la tour de Pise, a été expulsé. Les autorités affirment qu’il avait prêté allégeance à l’État islamique et entretenait une correspondance électronique sans ambiguïté sur ses intentions avec deux amis partis combattre en Irak.

Les autorités avaient arrêtés un Pakistanais de 26 ans, Aftab F., lui aussi suspecté de préparer une action violente au nom de Daech. Ce dernier se trouvait être l’ancien capitaine de l’équipe junior de cricket italien. Soumis depuis plusieurs mois à une surveillance constante des services de sécurité, ce sportif cherchait à se procurer une kalachnikov. Dans des conversations téléphoniques interceptées, Aftab F. exprimait le souhait de partir en Syrie, ou de commettre une attaque contre un bar de Milan ou au sein de l’aéroport de Bergame. Arrivé en 2003 avec ses parents, il a été expulsé vers Islamabad.

Les familles d’Aftab F. comme celle de Bilel C. contestent ces expulsions et ont saisit la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour obtenir l’annulation de ces décisions.

Toujours en 2016, dans un coup de filet antiterroriste, les enquêteurs ont retrouvé, dans les téléphones portables de membres d’une cellule dormante des photos d’eux en arme ainsi que des clichés de sites potentiellement visés : des centres commerciaux en Italie, l’aéroport de Bari (dans le sud de l’Italie), mais aussi des monuments romains : tels le Colisée et le Cirque Maxime.

Le nord de l’Italie avec sa région frontalière avec la Suisse est une source d’inquiétude 

Le nord de l’Italie où ont eu lieu la plupart de ces arrestations fait l’objet d’une surveillance renforcée de la part des services antiterroristes, qui soupçonnent cette région frontalière avec la Suisse d’abriter encore des candidats au djihad.

Abderrahim M. © DR Police italienne

Abderrahim M., Italo-marocain de 28 ans, par ailleurs champion de boxe thaïe, est soupçonné d’avoir préparé un attentat à Rome. Ce cliché, transmis par la police italienne, a été retrouvé sur son ordinateur personnel au moment des perquisitions de son domicile.

En avril dernier, Abderrahim M. était interpellé pour des faits similaires à Lecco, sur les bords du lac de Côme. Cet Italo-marocain de 28 ans est accusé d’avoir fomenté un attentat ciblant à la fois l’ambassade d’Israël à Rome et la cité-État du Vatican. Quatre autres personnes (dont sa femme) ont été arrêtées par la même occasion. Toutes sont poursuivies pour la préparation d’actes terroristes.

Ces suspicions font peser un climat délétère sur les communautés musulmanes locales. Le 29 juillet, un imam marocain de 52 ans, Mohamed Madad, récemment arrivé à Vicenza, en Vénétie, a ainsi été arrêté sur dénonciation anonyme et expulsé du pays. La justice lui interdit de revenir en Italie avant quinze ans. « Son seul tort avait été de prénommer l’un de ses enfants Jihad », déclare un fidèle de la mosquée de Noventa Vicentina (à 70 kilomètres de Venise). « Or ce prénom est commun dans le monde musulman où il ne fait pas référence à la notion de guerre sainte mais simplement d’effort », affirme le même homme.

Source :
corrieredellasera.it
Mediapart.fr
lepoint.fr

 

Publicités

Mon prochain livre sur l’antimafia

Sortie prochainement

Hommage à Boris Giuliano

Policier moderne, d’une redoutable efficacité, Boris Giuliano avait la pugnacité nécessaire pour remonter le moral de ses troupes. Sous son commandement, la brigade mobile de Palerme devint la cellule antigang la plus efficace de toute la péninsule. Il dirigea ses enquêtes avec des méthodes innovantes et édifia une véritable collaboration avec le Bureau fédéral d’investigation américain, le  célèbre F.B.I. Ce qui était une première.

Commissaire Boris Giuliano
Commissaire Boris Giuliano

Pour les observateurs, il est admirable que Giuliano ait eu un passé aussi glorieux avec les moyens artisanaux de l’époque. Tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il fallait une grande intelligence et une farouche volonté pour arriver à accumuler des preuves factuelles susceptibles d’être reconnues devant un tribunal. On ne parlait pas encore des progrès de la génétique et encore moins des découvertes sur l’ADN. Les micros, les caméras et appareils photos ultra-performants ayant la taille d’une tête d’épingle à cheveux pouvant être dissimulés à peu près n’importe où n’existaient pas à cette époque. Les écoutes téléphoniques étaient rarissimes et demandaient une infrastructure imposante. La seule force des enquêteurs résidait dans un savoureux mélange d’intuition, de perspicacité et de rationalisme cartésien. Un agent devait se fondre dans l’environnement qu’il explorait même si cette immersion dans le milieu criminel sicilien présentait un danger mortel plus que partout ailleurs. Car la Mafia, sûre de son pouvoir et de son impunité, assassinait aussi bien des juges que des hommes politiques. Ce n’était pas un modeste fonctionnaire de l’État, encore moins un sbire*, qui allait retenir leurs ardeurs meurtrières. Les enquêteurs de la brigade mobile passaient des jours et des nuits entières planqués derrière les rideaux d’une fenêtre à observer et à noter tous les faits et gestes des malfrats sous surveillance. Les filatures étaient d’autant plus  difficiles que beaucoup de mafiosi vivaient en totale autarcie dans leur quartier, rendant le travail des policiers plus complexe puisque chaque nouveau visage était rapidement repéré.

*Sbire : terme péjoratif utilisé par les mafiosi pour décrire un policier.

Extrait du livre – Les hommes de l’antimafia –

Le commissaire Boris Giuliano (2ème depuis la droite)

Paolo Borsellino, 25 ans déjà…

Le magistrat de Palerme s’attendait à mourir. Il était le dernier du fameux «pool» antimafia qui fit trembler le crime organisé dans les années quatre-vingt. Lâche, complice parfois, l’Etat a saboté les efforts de ses meilleurs serviteurs.

découvrez l’article de presse :

24Heures – 21.07.1992 – Toute l’Italie est orpheline

Le juge antimafia Paolo Borsellino

Addiopizzo lutte contre la mafia

Addiopizzo. Derrière ce nom d’antipasti se cache une des associations les plus efficaces contre la mafia et son impôt mafieux traditionnel, le pizzo. Reprenant certains codes marketing AddioPizzo a su convaincre les clients et est en passe de devenir un véritable label de consommation citoyenne. Récit.

Manifestation contre le racket de la mafia

29 juin 2004 au matin, les Palermitains s’éveillaient en découvrant collés sur les murs du centre-ville des autocollants sur lesquels est écrit : « Un peuple qui se laisse racketter est un peuple sans dignité ». Le racket c’est le pizzo, « impôt » traditionnel que la mafia sicilienne fait casquer à tous ceux qui tiennent un commerce. À l’initiative de la campagne de communication sauvage, un groupe d’étudiants qui souhaite ouvrir un pub, mais pas payer le pizzo. Une audace risquée en ces terres mafieuses où on estime que 80 % des commerçants paient la taxe sans moufter. Finalement, le pub n’ouvrira pas, mais le combat lui est lancé. Avec la naissance d’AddioPizzo, une structure associative qui tente d’affranchir les commerçants de cette taxe odieuse.

Luka Martino a intégré le navire quelques mois après cette fameuse matinée. « Sur moi, l’autocollant a eu l’effet d’une bombe ! Je savais que des gens voulaient changer les choses à Palerme, une bouffée d’oxygène. Excusez-moi la métaphore, mais “AddioPizzo était une fleur dans le désert !”.

Forte de son coup d’éclat, la structure doit disposer du soutien des commerçants, les premiers concernés.

Briser l’omerta

Pour ce faire l’idée est simple. Les commerçants signent une charte stipulant qu’ils ne s’engagent à vendre que des produits qui ne sont pas soumis au pizzo. Pour motiver à l’autre bout de la ligne une consommation citoyenne, une liste des lieux qui participent à l’opération est publiée en ligne. AddioPizzo devient un label et un argument de vente inattendu pour les commerçants qui soutiennent l’opération. “Nous étions juste un petit groupe qui partageait les mêmes idées sur Cosa Nostra.

Personne n’aurait parié que nous trouverions un commerçant assez dingue pour adhérer ! Mais, à force de travail et de négociations, nous disposions d’une liste de 100 commerçants adhérents une année après, c’était à peine croyable !”

Les médias relaient vite l’initiative et en 2007, un calendrier où posent les commerçants révolutionnaires est même diffusé. Addio Pizzo intègre les codes du marketing et la transparence comme mode de communication. Et porte un coup à la philosophie qui fait prospérer la mafia : l’omerta, la loi du silence.

Incendies et infiltrations

Cosa Nostra n’a pas besoin de ça. Depuis quelques années, elle subit de nombreux revers. D’abord l’action des juges italiens antimafia Giovanni Falcone et Paolo Borsellino et plus en novembre 2007 l’arrestation, de l’un des parrains les plus emblématiques de l’organisation, Salvatore Lo Piccolo.

La mafia accuse le coup, mais riposte rapidement. “L’été dernier, ils incendiaient le magasin de l’un de nos commerçants, Rodolfo Guajana. Depuis, nous lui avons trouvé de nouveaux murs et l’avons payé lui et ses employés pendant les 4 mois de travaux. La stratégie de la mafia est de rester silencieuse et faire du business. Le but principal des parrains. Elle ne cherche pas à tuer systématiquement”.

AddioPizzo a donc réussi jusqu’ici à déjouer les actions de Cosa Nostra. Mais si la mafia ne cherche pas à buter tous les rebelles, elle tente tout de même de saper un mouvement qui menace une manne estimée à 10 milliards d’euros annuels en Sicile. AdioPizzo n’est donc pas à l’abri d’infiltrations mafieuses. “Nous comparons nos documents sur les commerçants avec ceux de la police. Il est impératif de vérifier que le commerçant est complice de Cosa Nostra. Si nous nous apercevons qu’il est de mèche avec eux, nous boycottons son commerce via notre réseau de commerçants et clients.” “La mafia adapte très facilement sa stratégie. Mais, nous avons pour nous le nombre de militants, l’originalité de nos actions de communication et un mouvement qui se ne compose pas d’une seule tête pensante ! Ce ne sera pas facile de gagner, mais cela vaut le coup de se battre !”

Et ça paie : actuellement, AddioPizzo peut compter sur le soutien d’un peu plus de 10 000 consommateurs et quelque 250 commerçants.

Franchise en devenir?

“Palerme et demain l’Italie.” L’ambition d’AddioPizzo pourrait se résumer en ces quelques mots. L’objectif premier était d’arriver à proposer “une économie libérée de la pression de Cosa Nostra. Clairement, pour nous, c’est une révolution. Mais, il nous reste encore de nombreuses choses à
accomplir !”

Le collectif a reçu également le soutien de membres historiques respectés du commerce sicilien comme Vincenzo Conticello, restaurateur palermitain de la fameuse Antica Focacceria San Francesco, une institution qui a ouvert ses portes en 1834. “Depuis son intimidation en novembre 2005, il est entré dans une campagne en Italie pour proposer de vendre des denrées siciliennes free pizzo et free mafia.”

L’association ambitionne désormais de créer des circuits touristiques et des e-commerces, entre autres. “Mais, l’étape ultime sera l’implantation de notre concept au reste de l’Italie ! Et, je pense notamment au magasin Punto Pizzo Free !” Depuis mars 2008, un magasin de ce type a ouvert ses portes dans le vieux Palerme. Cette nouvelle enseigne militante ne propose que des produits de commerçants adhérents d’AddioPizzo. “Son gérant, un jeune commerçant de 29 ans, souhaite développer ce volet d’AddioPizzo pareillement à une grande enseigne à toute l’Italie !”. À quand une “semaine Addiopizzo” dans les magasins Carrefour ?

 

25 ans déjà…

Giovanni Falcone

Le 23 mai 1992, Giovanni Falcone, le juge antimafia est assassiné en compagnie de son épouse et de trois membres de son escorte. Le magistrat, véritable légende de la lutte contre le crime organisé n’avait aucune chance de s’en sortir. Sous les ordres de Toto Riina, un commando de mafiosi avaient placés 500 kg de TNT dans un conduit d’évacuation des eaux situé sous l’autoroute. Voici le déroulement de l’attentat.   

À 17h48 :
l’avion des Services secrets italien atterrit à l’aéroport de Punta Raisi. Giovanni Falcone qui est alors l’homme le plus menacé d’Italie à la suite d’un contrat de la mafia sur sa tête prenait toutes les précautions possibles. Il annonçait jamais à l’avance ses voyages, changeait constamment d’itinéraire et d’horaire et ne voyageait jamais sur des lignes officielles.

Giovanni Falcone avec son escorte
Giovanni Falcone arrive avec sa femme et son escorte à l’aéroport de Punta Raisi, en Sicile.

À 17h50,
Le juge Giovanni Falcone monte dans une voiture blindée, une Fiat Croma blanche. Son fidèle garde du corps, Giuseppe Costanza, accepte de s’asseoir à l’arrière pour laisser le volant au magistrat qui adorait conduire. Son épouse, Francesca Morvillo, magistrate également, prend place sur le siège passager.

Vito Schifani, Antonio Montinaro et Rocco Di Cillo, 3 gardes du corps expérimentés qui ne lâchent pas Falcone d’une semelle prennent place dans une Fiat blindée marron. Leur mission sera d’ouvrir la route au convoi.

Dans la 3ème voiture, une Fiat blindée bleue, Paolo Capuzzo, Gaspare Cervello et Angelo Corbo, trois autres policiers de l’escorte seront chargés de fermer le convoi en empêchant tout dépassement.

Convoi du 23 mai 1992
Convoi du 23 mai 1992

À 17h58 :

Le convoi arrive à la hauteur de Capaci. Sur une colline qui se trouve à plusieurs centaines de mètres, Giovanni Brusca, le chef du commando appuie sur le bouton d’une télécommande à distance au moment où la première voiture passe à la hauteur d’un vieux frigo que les mafiosi ont placé comme repère au bord de l’autoroute.

Le dernier trajet du Juge Falcone
Le dernier trajet du Juge Falcone
Les assassins sont dissimulés sur une colline avec une vue imprenable sur l'autoroute
Les assassins sont dissimulés sur une colline avec une vue imprenable sur l’autoroute

À 17h59 :
Dans la première voiture, Vito Schifani, Antonio Montinaro et Rocco Di Cillo sont tués sur le coup par l’effroyable explosion.

Rocco Di Cillo 1962-1992
Rocco Di Cillo 1962-92
Antonio Montinaro 1962-1992
Antonio Montinaro 1962- 92
Vito Schifani 1965-1992
Vito Schifani 1965-92
La Fiat occupée par les 3 agents de l'escorte après l'explosion
La Fiat occupée par les 3 agents de l’escorte après l’explosion.

À 17h59 :

Giuseppe Costanza
Giuseppe Costanza, garde du corps miraculé

La seconde voiture n’est pas atteinte de plein fouet par l’explosion, mais termine sa course accidentée dans l’énorme cratère qui s’est ouvert sur l’autoroute. Le juge Giovanni Falcone grièvement blessé est transporté à l’hôpital dans un état désespéré. Il succombe dans les bras de son ami Paolo Borsellino. Sa femme, Francesca Morvillo est mortellement blessée et rend son dernier souffle quelques minutes après l’explosion. Sur la plage arrière, le garde du corps Giuseppe Costanza qui était à la place normalement réservée à Falcone va survivre miraculeusement. Dans la dernière voiture, les 3 agents qui fermaient la route vont s’en sortir malgré leurs blessures.

Voiture de Giovanni Falcone
La voiture blindée occupée par Giovanni Falcone, sa femme et son garde du corps

IMPRESSIONNANT !

Des experts en explosifs ont reconstitué l’attentat de Capaci pour le dossier du procès. Ils ont installés une quantité de TNT similaire et reconstitué un bout de l’autoroute où à eu lieu l’attentat.

http://video.espresso.repubblica.it/tutti-i-video/capaci-la-ricostruzione-della-strage/590

Quelques photos personnelles des lieux de la tragédie.

Capaci
Le cratère de l’explosion, à Capaci

message importantNOTE :
Giovanni PAPARCURI, chauffeur miraculé qui fut grièvement blessé lors de l’attentat à la voiture piégée qui coûta la vie au magistrat Rocco Chinnici, me faisait remarquer que lors de l’attentat qui tua le Juge Falcone, des fonctionnaires et des citoyens ordinaires de la société civile ne sont pas morts, mais ont été blessés. Certains grièvement. S’ils ont survécu à l’explosion, leur âme et leur vie demeurent à jamais meurtries par ce lâche attentat de Cosa Nostra. Trop souvent, lors des commémorations, on se focalise sur les victimes décédées en omettant par inadvertance la souffrance de ceux qui restent…

Voici les autres victimes de l’attentat du 23 mai 1992

  • CAPUZZA Paolo
  • CERVELLO Gaspare
  • CORBO Angelo
  • COSTANZA Giuseppe
  • FERRO Vincenzo
  • GABRIEL Eberhard
  • GABRIEL Eva
  • IENNA SPANO’ Pietra
  • MASTROLIA Oronzo

Merci à Giovanni PAPARCURI

2015 © C. Lovis, les hommes de l’antimafia