Il y a 40 ans : l’assassinat de Giorgio Ambrosoli

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Le 11 juillet 1979, l’avocat liquidateur Giorgio Ambrosoli (photo) est abattu de 4 balles de 357 Magnum à son domicile à Milan, à l’âge de 45 ans. 

En septembre 1974, le Gouverneur de la Banque d’Italie le nomme pour organiser la liquidation de la Banca Privata Italiana, une des banque de Michele Sindona, le « Banquier de la Mafia » (et du Vatican). Lors de son travail de liquidateur, Ambrosoli découvre les liens de Sindona avec la Mafia sicilienne, la Cosa Nostra américaine, mais aussi l’IOR (la « Banque du Vatican »), la Démocratie Chrétienne ou encore la loge pseudomaçonnique P2. L’avocat avait ainsi découvert les falsifications comptables et les manipulations criminelles sur la faillite de « l’empire Sindona ». Ambrosoli subit alors à la fois des pressions et des tentatives de corruption mais il tient bon et Ambrosoli a confirmé la nécessité de liquider la banque et de reconnaître la responsabilité pénale de Michele Sindona. L’avocat reçoit alors des appels téléphoniques anonymes de menaces de mort : le correspondant anonyme a un fort accent sicilien. Bien des années plus tard, il sera identifié comme étant Giacomo Vitale, franc-maçon et membre de Cosa Nostra, et le beau-frère du chef suprême de la Mafia à l’époque, Stefano Bontate. Malgré cela, Ambrosoli doit signer son rapport terminal le 12 juillet 1979… le lendemain de son assassinat. Aucun représentant officiel ne sera présent aux funérailles de l’avocat liquidateur.

Giorgio-Ambrosoli
Giorgio Ambrosoli, un avocat intègre victime de la mafia

Le tueur de Giorgio Ambrosoli est le mafieux américain William Joseph Aricò, avec une arme remise par Henry Hill, devenu un « repenti » (et rendu célèbre parle film « Les Affranchis » de Martin Scorsese). L’enquête montre que le tueur à gages à reçu 25.000 dollars en liquide et un virement de 90.000 dollars supplémentaires. Le 18 mars 1986, Michele Sindona et l’italo-américain Robert Venetucci (un trafiquant d’héroïne, lié à Cosa Nostra et ayant joué les intermédiaires entre Sindona et Aricò) ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour le meurtre d’Ambrosoli. Deux jours après sa condamnation, il est mortellement empoisonné par un café au cyanure, dans sa cellule.

Il faut attendre 2010 pour que la commune de Milan lui dédie une petite place et en 2014 pour qu’une plaque officielle soit installée au nom du Président de la République italienne : « Liquidateur d’un établissement de crédit, bien que soumis à des pressions et à des menaces, il a rempli la tâche qui lui avait été confiée avec une rigueur inflexible et un engagement constant. Il a été exposé à des actes d’intimidation de plus en plus graves, à tel point qu’il a été brutalement assassiné avant de pouvoir terminer son mandat. Un magnifique exemple du sens le plus élevé du devoir et de l’intégrité morale absolue, poussé à l’extrême sacrifice. »

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