Barcelone : 2.000 membres de gangs et risques de guerre

Les « bandes latines » (gangs de rue composés principalement, mais pas uniquement, d’équatoriens) sont en train de se réactiver à Barcelone, grâce notamment à la sortie de prison de leurs anciens leaders qui veulent reconquérir leurs territoires face aux gangs dominicains.

La police catalane s’inquiète d’une guerre entre les 5 principaux gangs de Barcelone (et de ses environs : Sants, Sabadell, Rubí, Cornellà ou L’Hospitalet), soit 2.000 membres. Le retour de ces chefs (appelés « chevaliers noirs ») créé également des tensions internes : certains membres ne voulant pas céder leurs nouveaux pouvoirs aux « anciens », d’autres n’étant tout simplement jamais connus les anciens leaders libérés. Le 27 février dernier, un affrontement à l’arme blanche fait un mort et un blessé grave dans une rue de Barcelone. L’incident implique le gang des Ñetas, une des bandes criminelles les plus anciennes d’Espagne, face aux Blood-901, arrivés en Espagne au milieu des années 2010.

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Si les Latin King et les Ñetas ont longtemps contrôlé les rues de Barcelone, ils sont désormais en crise et affaibli face aux « nouveaux » venus, les Dominican Don’t Play (DDP), Trinitarios et Blood-901. Les « pionniers » (qui se présentaient aux débuts comme une « association culturelle contre le racisme ») face aux « contestataires ». Affaiblis à cause des opérations policières, les « pionniers » ont perdu certains de ses membres, qui ont rejoint les autres gangs. Les Latin Kings, originaires des États-Unis mais à composante latinos, ont été fondés en Espagne par l’équatorien Eric Velastegui, dit « King Wolverine », actuellement incarcéré pour 20 ans. Présent essentiellement à Barcelone (Nacion Hispanica), Madrid (Nacion Inca) et Valence (Nacion Azteca), le gang est affaibli mais a commencé à se régénérer. Les Ñetas ont été créés en 1979 à Porto Rico. Ils sont responsables du dernier meurtre commis en février dernier à Barcelone, contre un membre des Blood-901. Eux -aussi sont affaiblis depuis les opérations policières et le retour en Équateur de nombreux immigrés touchés par la crise en Espagne dans la moitié des années 2010 mais semblent à nouveau se renforcer.

En parallèle de la crise économique espagnole et le départ des équatoriens, la communauté dominicaine s’est renforcée et sont ainsi apparue les bandes Dominican Don’t Play (DPP) et Trinitarios. Les DDP, créés à New York, très nationalistes, sont désormais dominants à Barcelone, actifs notamment dans le deal de rue (marijuana, cocaïne et de plus en plus héroïne) et le proxénétisme. Apparue à New York mais fondée en Espagne par un « déserteur » de la DPP, la bande « Los Trinitarios » est détestée des équatoriens mais elle a signé un pacte de non-agression avec les Latin Kings.

Créé en Californie sur une base afro-américaine, les Blood-901 sont plutôt d’origine équatorienne en Espagne. Après les opérations policières contre les Latin Kings et les Ñetas, les membres de ces deux gangs ont créé des petits gangs (comme Base 6, Vatos Locos, Los Lobos, Los Menores,…) avant de se réunir sous la bannière des Blood-901, particulièrement implantés en Catalogne et en Navarre mais en forte progression.

Source : El Español – Espagne 
C. Lovis
Texte : Crimorg.com