Calabre: deux chefs de la mafia vivaient dans un bunker « comme des animaux »

Deux des criminels les plus recherchés d’Italie ont été arrêtés dans un bunker, avec un arsenal impressionnant. Le bâtiment était « très bien caché au milieu des arbres » dans la montagne de Calabre.

« Comme des animaux » avec un véritable arsenal. Deux chefs de la Ndrangheta, la mafia calabraise ont été arrêtés vendredi par la police italienne qui les a découverts cachés dans un bunker aménagé, où ils « vivaient comme des animaux ».

Giuseppe Ferraro, 47 ans, et Giuseppe Crea, 37 ans, « vivaient dans ce bunker, très bien caché au milieu des arbres », dans les montagnes au-dessus de Maropati, a précisé le procureur de la Calabre, Federico Cafiero de Raho. Le magistrat a ajouté que le site était sous surveillance depuis un an. »Ils vivaient là comme des animaux, une vie rude complètement coupée de la société », a ajouté le procureur.

 Sur les photos faites par la police, on peut voir l’intérieur de cet abri, un local en dur de 25 m2 environ, très sommaire, où sont entreposés notamment des boîtes de tomates en conserve et un thermos, aux côtés d’un évier rudimentaire.
Suite de l’article de l’Express
Giuseppe Crea et Giuseppe Ferraro
Giuseppe Crea et Giuseppe Ferraro

La crise des migrants : une activité lucrative et sans risque pour les mafias

ACTUALITEGouverner c’est prévoir. Or, les dirigeants européens n’ont rien vu venir. Depuis l’été 2015, l’Europe est submergée par une vague de migrants sans précédent. Des millions de personnes dont deux tiers sont musulmanes. Après avoir tenté de rassurer ses citoyens en faisant mine de contrôler la situation, l’Union européenne a été contrainte de reconnaitre son impuissance. L’espace Schengen qui a été l’un des principes fondamentaux du rêve européen se transforme en cauchemar politique. La sécurité des citoyens et la paix sociale sont désormais menacées par le grave déséquilibre causé par cette crise migratoire. Découvrez ce livre intéressant qui expose le profit réalisé par les réseaux criminels et les conséquences à court et à long de cet apport de population que subit l’Europe.

Je vous le recommande vivement.

C. Lovis

Crise des migrants

Le défi migratoire

Extrait du chapitre de Xavier Raufer « Migrations et crime »

En 2011, un rapport de l’Organisation internationale des migrations (OIM) estime le chiffre d’affaires mondial du trafic des clandestins serait alors de 3 à 10 milliards de dollars par an.

Pour les passeurs, l’enrichissement peut être très rapide :

Parti de Libye, un bateau chargé de 150 migrants représente un Chiffre d’affaire d’environ 150 000 dollars. Sachant qu’en outre, l’exploitation lors du « voyage » des migrants est féroce. Divers témoignages sur ces passages montrent en effet que :

  • Un gilet de sauvetage y est facturé 200 dollars
  • Une bouteille d’eau, du pain et une boîte de thon, 100 dollars
  • Une couverture, 200 dollars
  • 5 minutes de conversation sur un téléphone satellitaire : 300 dollars

À l’arrivée en Europe bien sûr, les clandestins peuvent se trouver happés par de nouveaux dispositifs de chantage et de servitude.

À l’extrême-sud de la Botte – donc au plus près de l’Afrique, la Sicile. Là bien sûr, la fort opportuniste Cosa Nostra a bondi sur l’occasion. Selon Leoluca Orlando, maire antimafia de Palerme (The Telegraph, 6 août 2015) les vulnérables migrants échouant dans les camps de transit (souvent gérés par des complices de l’ « honorable société » ) sont exploités par la mafia : marché noir, travail au noir (récoltes dans les champs, etc.). On signale aussi dans ces camps de nombreuses disparitions d’enfants de clandestins ; pour un sort sans doute funeste. Même les trafiquants d’êtres humains d’Afrique et du Moyen-Orient prépareraient désormais les traversées avec des mafieux de Sicile ou de Calabre.

Une certitude : ce trafic humain est bien organisé : sitôt touchée la côte sicilienne (ABC-Australia, 29 juin 2015) un migrant de chaque groupe envoie un texto à son « traitant » côté « arrivée » : nous sommes à bon port. Ce « traitant » rencontre alors « ses » migrants, les oriente vers des centres d’hébergement (y compris ceux pour femmes et enfants), leur indique des transports possibles et les failles des frontières suivantes.

Selon un procureur de l’antimafia, il s’agit là d’une pure et simple manifestation du « crime organisé africain », à qui ces trafics rapportent « des milliards de dollars ».

Gagner le nord de l’Italie sauve-t-il ces migrants ? Non : à Rome, ils sont longtemps tombés aux mains du réseau de corruption nommé par des magistrats locaux Mafia Capitale (Mediapart, 20 mai 2015 ; Les Échos, 5 juin 2015 ; ATS, 5 juin 2015). Une lucrative combinazione alla Romana entre politiciens postfascistes, agents territoriaux et dirigeants de « coopératives sociales » liées à l’ex-Parti communiste italien.

Tous ensemble, ces corrompus truandent de juteux « appels d’offres », puis pillent les dizaines de millions d’euros – allocations, subventions, etc. – versés chaque année pour accueillir les migrants, les loger, les nourrir et les accompagner, leur apprendre une langue européenne, etc. Les réfugiés étant honteusement exploités sur le terrain. (En une décennie (2005 à 2014), l’Italie a consacré un milliard d’euros à ces centres pour réfugiés et demandeurs d’asiles. (ATS, 5 juin 2015).

Pour Mafia Capitale, ces trafics d’êtres humains sont un business criminel parmi d’autres : truandage de marchés publics, prêts à taux usuraires, recouvrement (brutal) de dettes, trafics de déchets toxiques, blanchiment d’argent illicite, racket de parkings, truquages d’élections, etc.

Source : Extrait du livre : le défi migratoire, l’Europe ébranlée, de Jean-Baptiste Noé, Editions Giovangeli Editeur

Blitz antimafia à Palerme

ACTUALITELe 16 mars 2016, des centaines de carabiniers ont mené une opération d’envergure (opération « Brasca ») qui a entraîné l’arrestation de 62 individus dans la région de Palerme.

Les clans mafieux tentaient de se réorganiser sous la direction de Mario Marchese, 77 ans (photo), capomandamento de Villagrazia, et de Gregorio Agrigento, 81 ans, chef du clan de San Cipirello et capomandamento de San Giuseppe Jato.

Dans les années 1980, ces deux mafieux avaient déjà été identifiés comme étant des « fidèles » de Toto Riina, le parrain des parrains de Cosa Nostra à l’époque.

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Image tirée d’une vidéo de surveillance dissimulée par le ROS.

Mario Marchese, l’un des deux octogénaires arrêté lors de ce blitz était à la tête du district de Villagrazia était déjà connu des enquêteurs puisque ce dernier avait été accusé lors du Maxi-procès de Palerme de 1986-1987. D’abord loyal à Stefano Bontade, (1939-1981), il avait changé d’alliance quand ce dernier a été assassiné par les Corleonais en 1981.

Parmi les personnes arrêtées, on trouve Benedetti Capizzi. Patron du clan de Villagrazia, il avait été arrêté dans une grande opération antimafia en 2008 (Persée). Condamné à perpétuité pour assassina, il purgeait sa peine en résidence surveillée à cause d’une maladie. Les enquêteurs pensent qu’il en a profité pour réorganiser la structure de Cosa Nostra avec Marchese, son grand ami.

En Italie, les portraits, noms et prénoms des prévenus sont toujours affichés dans la presse. Voici les portraits de ceux qui ont été arrêtés sur l’article original.

C. Lovis

Source : Giornale di Sicilia, Silvia Lacono

COSA NOSTRA : 17 meurtres mafieux élucidés

ACTUALITEÀ l’aube, le 2 février 2016, les carabiniers de Messine (Sicile orientale) ont mené l’opération « Gotha 6 » ciblant le clan de Barcellona Pozzo di Gotto. Grâce aux révélations de plusieurs collaborateurs de justice, 13 personnes ont été arrêtées et accusées d’être les commanditaires ou les exécutants de 17 homicides commis entre 1993 et 2012. Un des mafieux a été interpellé à Bruxelles. Parmi les personnes concernées figure le boss Giuseppe Gullotti, déjà incarcéré et purgeant une peine de 30 ans de prison pour avoir commandité le meurtre du journaliste Beppe Alfano, abattu le 8 janvier 1993.

Le boss mafieux Giuseppe Gullotti qui purge une peine de 30 ans de prison.
Le boss mafieux Giuseppe Gullotti qui purge une peine de 30 ans de prison.
Beppe Alfano, journaliste assassiné le 8 janvier 1993, pour avoir osé défier la mafia.
Beppe Alfano, journaliste assassiné le 8 janvier 1993, pour avoir osé défier la mafia. Photo : http://palermo.repubblica.it

La complexité d’une enquête antimafia

Cette carte démontre la complexité d’une enquête antimafia. Les alliances, les recoupements, les liens existants sont très complexes et on réalise le niveau de difficulté auquel un juge doit faire face lors de son instruction. Tout en sachant qu’une telle carte change continuellement au gré des actions des uns et des autres (arrestations, assassinats, disparition, etc.)

Mappa rapporti criminali Romagna_SanMarino_Marche
Mappa dei rapporti mafioso-criminali tra Riviera – Romagnala, San Marino E Campania

Source (2013) : www.gruppoantimafiapiolatorre.it