Carla Del Ponte et Giovanni Falcone échappent à un attentat

Un juge en ItalieQuand elle sourit, Carla Del Ponte est une séduisante jeune femme d’une trentaine d’années. Mais dans son bureau du juge d’instruction de Lugano, son regard vert devient sévère, inquisiteur, impitoyable. Un personnage strict, méticuleux, méfiant, opiniâtre. Carla Del Ponte est venue à Palerme pour retrouver Falcone et interroger en sa présence un mafioso, arrêté en Sicile mais sous le coup d’un mandat d’arrêt émanant des autorités hélvètiques, pour des transports illégaux de capitaux.

Falcone et Del Ponte se connaissaient bien pour avoir souvent collaboré sur des enquêtes de recyclages d’argent dans les banques suisses. C’est donc tout normalement qu’il propose à sa collègue d’aller déjeuner au calme dans sa villa de l’Addaura, bâtie sur des rochers qui surplombent la mer. « Nous pourrons profiter du soleil et même nager dans une petite crique : c’est le seul endroit où je me sens tranquille et en liberté », dit-il.

Il prévient les hommes de son escorte de ce projet. Il demande qu’ils aillent acheter des pizzas pour tout le monde, du jambon cru de montagne, des fruits et du vin rosé. L’interrogatoire du mafioso se prolonge deux bonnes heures. […]

Le pique-nique au bord de l’eau n’aura pas lieu. L’escorte a découvert une bombe placée sous les escaliers taillés dans la roche descendant jusqu’à la crique.

Source : Un juge en Italie, les dossiers noirs de la Mafia, page 257-258, Ferdinando Imposimato, Editions de Fallois, 2000

Le juge antimafia Ferdinando Imposimato
Le juge antimafia Ferdinando Imposimato