Le parrain de Cosa nostra, Luciano Leggio (Liggio) est né à Corleone (Sicile) le 6 janvier 1925. Il est décédé d’une crise cardiaque en prison le 15 novembre 1993 à l’âge de 68 ans.

Liggio — à l’origine Leggio (son nom a été mal transcrit sur un document judiciaire) a commencé comme un voleur de bétail à la petite semaine. À 19 ans, Liggio tue sa première victime en tirant sur un gardien qui l’avait intercepté alors qu’il était en train de voler du grain. Puis un jour, le petit voleur est remarqué par le parrain de Corleone, un médecin généraliste, Michele Navarra (ce dernier va devenir directeur de l’hôpital de la ville suite à l’assassinat de son prédécesseur par une main inconnue). À 20 ans, en profitant de l’appui de son protecteur, Luciano Liggio est engagé comme gabellotto (gardien) pour le compte d’un riche aristocrate possédant d’immenses propriétés dans la région.

Luciano Liggio
Luciano Liggio
Placido Rizzotto, syndicaliste sicilien assassiné par Luciano Liggio
Placido Rizzotto, syndicaliste sicilien assassiné par Luciano Liggio

Le soir du 10 mars 1948 — sans doute sur les ordres de Navarra —, Liggio commet l’un des meurtres politiques les plus retentissants de l’après-guerre. Le syndicaliste Placido Rizzotto qui s’insurgeait contre l’injustice sociale et le pouvoir féodal dont profitaient les propriétaires terriens à l’encontre des paysans siciliens est enlevé sous la menace d’une arme. Il est emmené hors de la ville et exécuté de trois balles dans la nuque à bout portant. Ses restes ainsi que ceux de deux squelettes sont retrouvés dix-huit mois plus tard au fond d’une grotte à soixante mètres sous terre.

En 1958, Liggio assassine son patron Michele Navarra et prend le pouvoir de Corleone. Il restera le chef (Capo mandamento) incontesté du canton de Corleone de 1958 à 1975 et parrain des parrains (Capo Di Tutti Capi) de 1970 à 1974.

Liggio assassine le parrain Michele Navarra et prend sa place au sein de la mafia de Corleone
Liggio assassine le parrain Michele Navarra et prend sa place au sein de la mafia de Corleone. Une centaine de balles seront tirées contre le mauvais docteur Navarra.

Dans les années cinquante, sous la direction de Liggio, ses jeunes loups Riina et Provenzano décident de prendre racine à Palerme pour conquérir le marché du travail et prendre le contrôle du commerce de transport, de l’industrie et de la construction. Mais c’est dans le trafic d’héroïne en pleine explosion que Cosa nostra va devenir immensément riche. Mais tant de richesses font monter les enchères et conduisent à des jalousies et des querelles. Dans les années soixante-dix, une guerre totale entre les familles se déclenche.

Luciano Liggio est arrêté le 16 mai 1974 dans une maison de la via Ripamonti à Milan alors qu’il se trouvait clandestinement avec sa petite amie qui ignorait avec qui elle partageait sa vie avec un tueur cruel et impitoyable.

Liggio est célèbre pour avoir évité de nombreuses condamnations pour insuffisance de preuves alors qu’il était un tueur impitoyable qui inquiétait même ses propres hommes. En 1975, grâce au travail courageux et acharné du juge Cesare Terranova, Liggio est condamné à la prison à vie pour le meurtre de Michele Navarra. Depuis sa prison, le mafioso ordonne à ceux qui vont devenir les plus dangereux parrains de Cosa nostra, Salvatore Riina et Bernardo Provenzano, l’assassinat du lieutenant-colonel Giuseppe Russo (1977).

C’est lui qui en devenant le parrain de la mafia de Corleone  a transformé la petite ville de montagne de Corleone en capitale mondiale du crime.

Luciano Liggio a été arrêté le 16 mai 1974 et emprisonné dès cette date jusqu’à sa mort d’une crise cardiaque en 1993. Il fut enterré à Corleone sans la participation du public interdit par la police.

Liggio est considéré comme le mafieux qui a apporté la Mafia sicilienne à l’apogée de sa puissance, mais il était aussi l’un des responsables de son déclin. Ses tactiques impitoyables et sa cruauté ont forcé de nombreux anciens mafiosi, effrayés et dégoûtés par la violence, à devenir des informateurs de la justice.

ReportageVidéo d’une interview de Luciano Liggio

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