Hommage au capitaine des carabiniers Emanuele Basile

Le 4 mai 1980, le capitaine des carabiniers Emanuele Basile a été tué par Cosa nostra. (04.05.1980)

A Monreale, via Pietro Novelli, de nombreuses autorités militaires, civiles et religieuses ont déposé des couronnes de laurier sur le monument commémoratif situé sur le site de l’embuscade.

[…] Comme évoqué précédemment, les Corléonais menaient une lutte de pouvoir sans précédent et leurs escadrons de la mort semaient la terreur dans les rues de Palerme. Deux mois après l’assassinat du commissaire Giuliano, Cosa Nostra exécuta le magistrat Cesare Terranova, député indépendant apparenté au parti communiste et membre de la commission antimafia. Tué en compagnie de son garde du corps, il s’apprêtait à prendre la tête de la bataille contre le crime organisé. Moins de trente jours après, c’est le conseiller communal démocrate-chrétien Giuseppe Russo qui mourut sous les balles. Ce dernier était le secrétaire particulier du président de la province de Palerme.

Forte de la terreur qu’elle engendrait, Cosa Nostra poursuivit ses crimes odieux dès les premiers jours de 1980. Le 6 janvier, Piersanti Matarella, président de la région Sicile, fut tué après s’être opposé à la Mafia. Ce crime tétanisa la ville, car jusqu’à présent, la pieuvre n’avait jamais osé frapper un dirigeant politique aussi important.

C’est dans cette tourmente meurtrière que le capitaine Basile et le Juge Borsellino s’activaient sur leurs dossiers. Leurs investigations permirent de mettre en évidence le rôle des Corléonais dans la prise de pouvoir de Cosa Nostra, et notamment, l’émergence des mafiosi Bernardo Provenzano et Salvatore « Totò » Riina. Il faut comprendre qu’à cette époque, l’importance capitale incarnée par ces deux personnages au sein de l’organisation n’avait pas encore été mise en évidence par les rapports d’enquête. La Mafia était encore une société secrète très obscure pour les hommes de loi chargés de la combattre. Jusque-là, aucun mafioso ne s’était repenti, ni n’avait collaboré de façon significative avec la justice, laissant une grande part de mystère sur l’organisation et sa structure générale. En enquêtant sur les cerveaux de Cosa Nostra, la mission de Basile et Borsellino était une incursion sans retour en terre ennemie.

[…]

Extrait du livre « Les Hommes de l’antimafia, le monde a besoin de héros » par Christian Lovis

Publicités