Travailleur acharné, le chef adjoint de la Squadra Mobile ne s’arrêta pas en si bon chemin. Il organisa aussi des enquêtes sur des mafiosi jusque-là insoupçonnables, dont il obtint des renseignements capitaux. Puis un jour, il apprit que Stefano Calzetta, un homme important de Cosa Nostra alors incarcéré à la Prison de l’Ucciardone, avait émis le voeu de collaborer avec la justice. Ce dernier faisait partie du camp des perdants et savait que la seule chance qui lui restait pour ne pas se faire massacrer par les Corléonais était de bénéficier du programme de protection des témoins mis en place par le pool antimafia. Le commissaire se rendit sans attendre au pénitencier et rencontra le mafioso visiblement atteint de logorrhée. Son discours abondant, interminable et parfois confus n’empêcha pas l’officier de consigner scrupuleusement ses confessions. Des informations qu’il analysa, inspecta et vérifia minutieusement pour qu’elles ne souffrent d’aucunes contestation possible devant une cour de justice. Mais au bout de trois jours, les choses s’avérèrent particulièrement difficiles puisque Calzetta devint brusquement muet. Déterminé, Cassarà ne lâcha rien. Chaque dimanche, il se rendit en prison pour lui apporter le fameux gâteau « cassata » dont raffolait le repenti. Ses efforts et sa patience finirent par aboutir et il parvint à enregistrer officiellement la déposition du mafioso, laquelle déboucha sur l’établissement de quarante mandats d’arrêt.

Extrait du livre :Les hommes de l’antimafia

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