Antonino Caponnetto est né en Sicile le 5 septembre 1920 à Caltanissetta. Après des études de droit, il devint magistrat et s’envola en 1954 pour le continent où il travailla au tribunal de Florence durant presque toute sa carrière. Mais en 1983, après l’assassinat de Rocco Chinnici, le Conseil Supérieur de la Magistrature insista pour que le Dr Antonino Caponnetto le remplace. Comme tous les Siciliens, le haut magistrat Caponnetto fut extrêmement touché par le tragique attentat. Nonobstant une fonction plus confortable et moins périlleuse à Florence, il prit la décision de poursuivre le combat mené par son collègue.
Un choix ô combien difficile et courageux à quelques années de la retraite ! D’autant plus que les hommes de loi enquêtant sérieusement sur la Mafia en Sicile étaient systématiquement assassinés. […]

Indéniablement, le magistrat esseulé enquêtant sur une affaire brûlante s’exposait à tous les dangers. S’il était victime d’un homicide, on l’enterrait avec tous les secrets de l’enquête auquel il était astreint pendant la procédure, anéantissant ainsi tout le travail déjà réalisé. Au sein d’un groupe, les juges échangeaient et partageaient leurs recherches tout en gardant la plus grande discrétion vers l’extérieur. En cas d’assassinat, cette précaution permettait aux survivants de poursuivre l’action. Cette méthode se révéla un instrument précieux pour les hommes chargés d’instruire des dossiers aussi longs, dangereux et compliqués que ceux touchant au crime organisé et au terrorisme. Dans la mesure du possible, la répartition des tâches était discutée tous les soirs et les décisions étaient prises en parfaite collégialité sous la responsabilité d’Antonino Caponnetto. Ce dernier réunissait ses juges d’instruction dans son bureau sécurisé et chacun transmettait les dernières informations importantes en faisant la synthèse de l’avancée de chacune de leurs enquêtes.

Extrait du livre : Les hommes de l’antimafia

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