Le charismatique général jouissait d’une grande considération parmi ses hommes qui lui vouaient une loyauté sans faille. À plusieurs reprises au cours de sa carrière, il démontra un aspect admirable de son tempérament en allant se promener en uniforme, seul et sans escorte, entre la Scala de Milan et la place du Dôme pour prouver aux transalpins que la ville n’était pas aux mains des terroristes. Pourtant, il était l’une des personnalités les plus exposées. Cela n’avait rien d’un défi personnel, bien au contraire. Le général était un militaire cohérent pour qui les beaux discours devaient s’associer aux actes. Comment pouvait-il demander aux Italiens de cesser d’avoir peur du terrorisme si lui-même n’osait pas mettre le nez dehors ?
Il décida de défier Cosa Nostra sur ses propres terres. Contre toute attente, dès son arrivée à l’aéroport de Palerme, Dalla Chiesa se rendit à la préfecture en taxi, sans la moindre escorte. Ce choix lui sera d’ailleurs reproché après sa mort.

Une fois en place et à plusieurs reprises, il n’hésita pas à se déplacer dans la capitale en autobus. Et par un beau matin, chose encore plus impensable, il se présenta seul en plein marché aux poissons, reconnu pour être le quartier  général de la Mafia. Ce geste symbolique avait plusieurs significations. En premier lieu, il prouvait à ses ennemis qu’il ne les craignait pas. En second lieu, il signifiait aux Siciliens que l’État était de retour avec la ferme intention de reconquérir la confiance des honnêtes gens.

Extrait du livre : les hommes de l’antimafia

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